1 9 Air Triple White Nike Jordan 5 zMqVpUS
    info / Vos Baskets De Nettoyer Semelle Comment La n8X0wOPk
    grand angle
    Par Pierre-Henri Allain, Rennes, de notre correspondant
    Energy 2 Chaussures France Cloud Running Homme Cg4061 Noir Adidas 54jLRA
    Vos Baskets De Nettoyer Semelle Comment La n8X0wOPk
    Le 16 septembre 2001 sur la plage de la Granville à Hillion près de Saint-Brieuc. © AFP Fred Tanneau

    Durant des décennies, le lobby agroalimentaire breton et les représentants de l’Etat ont privilégié la productivité au détriment de l’environnement. Une entente que dénonce la mission sur les «laitues de mer» qui rend ses conclusions cette semaine.

    • Les complices de l’algue verte

    Il aura fallu la mort d’un cheval, victime des émanations toxiques des algues vertes entassées sur une plage bretonne, le 28 juillet, pour que les lignes commencent à bouger. «Il faudrait lui ériger un mausolée», plaisante René Roparz, le maire (sans étiquette) de Saint-Michel-en-Grève, théâtre de l’événement. Ce qui n’était qu’une nuisance environnementale et olfactive, certes incommodante mais somme toute limitée à quelques zones du littoral breton, est devenu un problème de santé publique. Un mois plus tard, le 20 août, la visite du Premier ministre à Saint-Michel-en-Grève transformait le phénomène en cause nationale. Nommée aussitôt après par François Fillon, la mission interministérielle doit rendre avant la fin de la semaine son rapport sur les algues vertes.

    Jusqu’à présent, du côté de l’Etat, la responsabilité de l’agriculture intensive n’était évoquée qu’à mots couverts. Rendue publique cet automne, une note confidentielle, du préfet des Côtes-d’Armor au Premier ministre et au secrétariat d’Etat à l’Ecologie a pourtant mis les pieds dans ce plat d’ulves nauséabondes. Cette note reconnaît noir sur blanc la responsabilité de l’azote d’origine agricole dans la prolifération des algues vertes. Mieux, le préfet ne voyait comme seule solution à une «diminution visible et notable de ce phénomène» qu’un «changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés»1 White587Asos Jordan Low Biy RoamerNike Air m8vNy0wOn. Ajoutant avec lucidité : «Ce que la profession agricole n’est pas près d’accepter.» Une vraie bombe si l’on songe à la constance et à la détermination avec lesquelles les représentants de l’Etat dans la région et la plupart des acteurs du monde agricole se sont serré les coudes durant des décennies pour contourner, sinon ignorer, une réalité que certains, comme des responsables de la FNSEA ou de la Coordination rurale - des syndicats agricoles -, continuent d’ailleurs farouchement de nier.

    La foi absolue dans le modèle productiviste

    Les chercheurs de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) ont pourtant parfaitement expliqué dès la fin des années 80 les conditions nécessaires au développement des algues vertes : des baies peu profondes, des mouvements de marées limités, une température clémente et un milieu riche en azote. De l’azote qui provient des rivières drainant les surplus des fertilisations des bassins versants.

    Mais si la Bretagne est bien connue pour être une terre de croyances, s’y est ajouté à partir des années 50-60 un nouveau credo : la foi absolue dans le modèle agricole intensif et productiviste. Ne parle-t-on pas de «miracle économique» pour décrire la transformation d’une agriculture traditionnelle et familiale en industrie agroalimentaire toute puissante ? Cette évolution répondait alors à des besoins alimentaires réels, ceux de la France de l’après-guerre. Puis, très vite, elle devint un élément crucial de l’équilibre de la balance commerciale nationale. Du coup, les simples citoyens osant remettre en cause ce système, ou en pointer les effets pervers, firent longtemps figure de grands hérétiques. «Les écologistes forment une secte aussi dangereuse que celle du Temple solaire», écrit en 1996 Pierre Rannou, alors président de Porfimad, un groupement de producteurs de porcs des Côtes-d’Armor. Deux ans plus tôt, Sébastien Coupé, président de la Cooperl, puissante coopérative agricole costarmoricaine, traite l’association écologiste Eau et Rivières de «parasites qui ne vivent que pour eux-mêmes et veulent casser l’activité économique de la région».

    Les pouvoirs publics ne sont pas en reste pour venir au secours du lobby agroalimentaire. En 1988, le préfet des Côtes-d’Armor, Raymond Jaffrezou, écrivait dans le journal départemental de la FDSEA, syndicat majoritaire et omnipotent dans la région :«C’est dans les Côtes-du-Nord [l’ancien nom des Côtes-d’Armor, ndlr] que les éleveurs ont les premiers, à ma demande, accepté […] une discipline d’épandage qui produit pleinement ses effets.» Vingt ans plus tard, malgré une surinflation de documents administratifs, on est loin du compte…

    Tout le monde est au courant du problème, et depuis longtemps. Ainsi, en 1980, ce courrier de la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) qui répondait à un médecin de Pédernec s’inquiétant de la contamination bactérienne des puits et fontaines de sa commune. «Vous n’ignorez pas, écrivait le directeur de la Ddass à son "cher confrère"Noir Nike 9 Jordan Og Vintage Rouge Originale Original Homme Air tsChQdr, que la plupart, pour ne pas dire la quasi-totalité, des puits et fontaines du département sont contaminés. On a pu parler de 98% d’entre eux. C’est évidemment un fait regrettable et qui ne date pas d’une époque toute récente. Le développement et les impératifs agricoles du moment prévalant, hélas, sur la santé publique, il n’est guère possible de s’y opposer…»

    Depuis trente ans, alors que l’inquiétude sur la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole monte en puissance, les préfets et leurs services, par leurs décisions et des prises de position publiques, ont continué d’assumer un soutien sans faille au développement du modèle agricole breton. «Au milieu des années 90, alors que près de 90% des exploitations étaient en infraction, les préfets ont procédé à des régularisations massives et ont encouragé la productivité à tout va, accuse Gilles Huet, de l’association Eau et Rivières. Nike Force Premium 1 105 'splitWhite Air '07 905345 wOXukPZiTAvec un profond mépris des lois. Le système n’aurait pas prospéré s’ils n’avaient cédé aux pressions du lobby agricole. Ils disposaient pourtant de tous les moyens techniques et réglementaires pour le réguler.»

    Extensions et créations sauvages d’élevages

    Dans une Bretagne qui compte aujourd’hui 38 000 exploitations et où l’industrie agroalimentaire emploie 55 000 salariés pour 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires, les enjeux sont énormes. Et les éleveurs sont loin d’être les seuls responsables d’un système qui profite à beaucoup, à commencer par les groupements de producteurs et les grands groupes coopératifs et privés.

    La Cooperl, pour le cochon, ou Doux, pour la volaille (1), fournissent tout ce qui est nécessaire aux élevages hors-sol, au cœur des pollutions de l’eau armoricaine : bâtiments, engrais, semences, aliments, soins vétérinaires, achat et abattage des animaux, sans compter le montage des dossiers administratifs… Les extensions et les créations sauvages d’élevages, qui ont permis à certains de tripler leurs cheptels, n’auraient pas été possibles sans le concours des banques, Crédit agricole en tête. Ainsi, il a été toujours plus facile d’obtenir un prêt pour monter un élevage industriel que pour un élevage de poulets ou de cochons bio.

    Depuis des années, les plans de reconquête de la qualité des eaux et autres programmes de maîtrise des pollutions d’origine agricole se sont succédé. Entre 700 millions et 1 milliard d’euros y ont été consacrés, sans effets probants. De même, les comités départementaux d’hygiène (CDH), chargés d’émettre des avis sur les autorisations d’élevages, ont souvent seulement servi de caution à la «cogestion administrative» instituée entre fonctionnaires d’Etat et responsables des FDSEA (2). Si Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture, veut bien prendre sa «part de responsabilité» dans les problèmes environnementaux de la Bretagne, reconnaissant que la profession a pu être «un peu autiste» sur ces questions, il met toutefois en avant les efforts consentis et une nouvelle rigueur dans le métier. «Les associations citent toujours les mêmes cas pour stigmatiser la profession, dénonce-t-il, mais nous sommes hypercontrôlés. La question, aujourd’hui, est surtout de basculer d’une obligation de moyens à une obligation de résultats.»

    Des réglementations vite assouplies

    Côté Etat, un premier changement d’attitude était survenu avec l’arrivée, en 2000, de Claude Guéant à la préfecture de région. Le futur secrétaire général de l’Elysée parvint à un accord entre agriculteurs et écologistes pour un plan d’actions ambitieux, établissant des dispositifs dissuasifs pour le rachat de droits à épandre sur des zones saturées de lisiers et des distances minimales par rapport aux cours d’eau… Las ! En 2004, les ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie, Hervé Gaymard et Roselyne Bachelot, viennent à Rennes rassurer les tenants du productivisme en annonçant un assouplissement des nouvelles réglementations, deux décrets du gouvernement Raffarin achevant bientôt de vider le plan Guéant de sa substance… Comme le répète à l’envi l’un des soutiens les plus zélés du modèle agricole breton, le député UMP des Côtes-d’Armor Marc Le Fur, surnommé «député du cochon», il faudrait permettre au système agricole de «respirer».

    Depuis, plus rien ou presque, sinon la création de la mission interministérielle et, surtout, une condamnation de l’Etat - confirmée mardi 1er décembre en appel - où celui-ci est tenu explicitement responsable de la prolifération des algues vertes pour ses régularisations d’élevages «quasi systématiques», «l’insuffisance manifeste» des contrôles et des études d’impact, bref une «pratique générale défaillante des préfets»…

    Malgré les mots de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, assurant début septembre que «la politique de l’autruche doit cesser», de nouvelles autorisations d’extensions d’élevages dans la région ont été accordées. Pis, les défenseurs de l’environnement redoutent qu’un décret ne vienne déclassifier les ZES (zones en excédent structurel), ces zones saturées de lisiers azotés, où le développement des cheptels est limité. Le contentieux européen sur la qualité des eaux bretonnes, dont la France devra présenter un état satisfaisant à la Commission à la fin de l’année si elle veut échapper à de très lourdes amendes, court toujours.NewsVotre Adidas Boutique Soleilgood Créteil S'estFacebook CdshrQtx

    Malgré l’émotion suscitée cet été, le monde agricole breton saura encore défendre au mieux ses intérêts. «Nous ne voulons pas d’un énième plan de ramassage des algues, n’en plaide pas moins Joëlle Le Guern, présidente de l’association De la source à la mer. Nous devons éradiquer le phénomène des marées vertes, et pour cela, nous avons besoin d’une autre politique agricole et de préfets qui fassent enfin leur travail.» Voilà l’Etat prévenu.

    (1) Doux a été condamné en 2007 pour complicité d’exploitation de poulaillers en dépassements d’effectifs chroniques.

    (2) Selon l’expression de Jean-François Piquot, porte-parole d’Eau et Rivières, qui a publié en 2000 «24 mois de fonctionnement du comité départemental d’hygiène d’Ille-et-Vilaine, ou le temps du tango».

    Vos Baskets De Nettoyer Semelle Comment La n8X0wOPk Pierre-Henri Allain Rennes, de notre correspondant
    Dans le dossier «Environnement»
    • Deux espèces d'oiseaux menacées peut-être bientôt chassées
    • Sécheresse : «La reconnaissance comme catastrophe naturelle est rare»
    • Face à la sécheresse, mieux vaut prévenir
    • Vos Baskets De Nettoyer Semelle Comment La n8X0wOPk
    • Comment instagrammer de manière responsable cet été
    Homme C880743wq Gris Adidas Formateurs Adv X Originals Flux Y7mvIy6bfg
    Un mot à ajouter ?
    Vos Baskets De Nettoyer Semelle Comment La n8X0wOPk